Ancienne Brasserie Nouvelle
Présentation
Le Résistant Pierre Orsoni raconte : "Le 17 juin (1943). A 19 heures, comme convenu, je suis à La Brasserie Nouvelle, à Ajaccio. André Carli est à son poste derrière le comptoir. Peu de temps après, arrive André Giusti. Quelques pas sur le cours Napoléon et nous entrons au Café Guglielmi pour permettre à André d’inscrire sur son carnet message et mot de passe. C’est en quittant le café que Martin Borgomano, le propriétaire, assis à la terrasse, nous prévient discrètement que deux agents de l’OVRA (la police secrète italienne) sont entrés à La Brasserie Nouvelle.
Craignant que Jean Nicoli ne nous ait précédé à La Brasserie Nouvelle, nous décidons de le rejoindre pour l’aider à se dégager s’il était en difficulté. Chemin faisant, Pierrot Stefanaggi se joint à nous et effectivement, des agents italiens en civil font les cent pas tandis que Jules Mondoloni converse avec André Carli. Nous échangeons quelques mots en corse et les Italiens font semblant de ne pas s’intéresser à nous. Conscients du danger qui nous menace, nous essayons de prendre congé d’André Carli, mais un troisième agent secret qui se trouve derrière nous et qui semble être le chef, nous demande de retourner dans la brasserie.
Alignés devant le comptoir, nous présentons nos cartes au contrôle exigé par un impératif : « Documenti ». Mais ni convaincus, ni satisfaits par leur vérification, les Italiens nous font assoir à gauche de la porte d’entrée, en face du comptoir qui se trouve à droite de l’entrée. Étant tous armés, notre décision est prise. André nous a invités à nous tenir prêts.
On entend le bruit d’un camion qui s’arrête. Peu après, cinq agents de l’OVRA se dirigent vers nous en disant : « Nous allons vous fouiller ». Ils n’ont pas le temps de terminer leur phrase que nous sommes debout, tirant sur eux. Jules Mondoloni, revolver au poing, sort précipitamment en même temps que les Italiens qui reculent jusqu’à la rue, mais dehors, d’autres ennemis sont postés et le blessent mortellement. Deux jours après, Jules Mondoloni meurt à l’hôpital sans avoir livré aucun détail de l’organisation.
De l’extérieur, les agents de l’OVRA continuent à tirer dans notre direction. Pensant peut-être que nous étions décidés à nous rendre en considérant que notre situation était désespérée, les Italiens rentrent de nouveau dans le café et la fusillade reprend. Tandis qu’André Carli fait feu du comptoir derrière lequel il s’abrite, André Giusti veut profiter de la reculade des agents de l’OVRA pour s’enfuir. Mais criblé de balles il tombe sur la chaussée et meurt sur le coup. Néné Franchi, propriétaire de La Brasserie Nouvelle et Pierrot Stefanaggi parviennent à s’échapper sans trop de mal. C’est alors qu’André Carli court vers le balcon qui surplombe une cour intérieure. Plusieurs dizaines d’Ajacciens furent arrêtés et emprisonnés à la caserne Battesti. Le lendemain, Ajaccio fut décrété en état de siège pour huit jours".
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Informations pratiques
Adresse
50 cours Napoléon, 20000 AjaccioContacts
Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine d’Ajaccio
Adresse du contact : Quai l'Herminier, 20000 Ajaccio
Téléphone : 04 95 26 80 66
Sites web : https://ciap.ajaccio.corsica
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Site officiel de la Ville d'Ajaccio
Site officiel de l'office de tourisme intercommunal d'Ajaccio
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Sources
Ville d'Ajaccio - Direction des Patrimoines